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CITY-STEP : comprendre comment la ville influence notre manière de marcher

2026 - 2029

Publié le 15 janvier 2026 Mis à jour le 16 janvier 2026
Le projet CITY-STEP explore le lien entre la forme urbaine et la marche humaine. Grâce à des capteurs portables et à l’analyse de l’environnement, les chercheurs veulent comprendre comment la morphologie de nos villes influence notre démarche, notre bien-être et la mobilité durable.

Nos déplacements à pied ne dépendent pas uniquement de notre volonté : ils sont profondément façonnés par la ville elle-même. Largeur des trottoirs, arbres, bruit, pente ou aménagements : autant de paramètres qui modifient inconsciemment notre manière de marcher. Le projet CITY-STEP, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) pour une durée de 48 mois, s’attache à comprendre ce lien encore méconnu entre morphologie urbaine et dynamique de la marche, à l’échelle du pas.

Mené par Centrale Nantes (laboratoire AAU-CRENAU), l’Université Gustave Eiffel (laboratoire GEOLOC) et Nantes Métropole, le projet associe ingénieurs, urbanistes et spécialistes du mouvement humain.

Objectifs

Illustration représentant un paysage urbain et 2 personnes aux morphologies différentes qui se déplacent. Une double flèche indique un lien réciproque entre a morphologie urbain et la dynamique de marche. CITY-STEP cherche à révéler comment les caractéristiques physiques de la ville — disposition des rues, textures, obstacles, ambiance lumineuse ou sonore — influencent la démarche, la vitesse et la posture des piétons. L’objectif est double : mieux comprendre les interactions entre corps et espace urbain, et proposer des indicateurs de marchabilité utiles à la conception de villes plus inclusives et durables. Le projet s’appuie notamment sur un échantillon varié de participants, incluant des personnes âgées ou déficientes visuelles.

Méthodes

Les équipes de recherche développent un dispositif portable inédit, combinant capteurs inertiels, caméras et suivi oculaire, capable d’enregistrer la marche en conditions réelles sans perturber le mouvement naturel. Ces données sont croisées avec des informations environnementales issues de la cartographie 3D, de la géolocalisation et d’observations sur le terrain. L’analyse par intelligence artificielle permettra de modéliser la marche à différentes échelles — du pas au quartier — pour comprendre la réponse du corps à l’espace urbain.

Illustration focusing on an elderly man with a walking stick walking along a pavement. Wide shot: a busy urban crossroads with numerous pedestrians walking and cars driving by.

Caractère innovant

CITY-STEP aborde pour la première fois la marche à l’échelle du pas, en associant mesures biomécaniques, perception et morphologie urbaine. Là où les études précédentes se limitaient aux grands indicateurs (densité, accessibilité), CITY-STEP propose une approche fine et sensorielle du déplacement. Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour le design des villes marchables, la mobilité bas carbone et l’inclusion des publics vulnérables.

Résultats attendus

Le projet aboutira à :

  • Un modèle individualisé et sensible à l’environnement décrivant la marche humaine ;
  • Un jeu de données inédit sur la dynamique réelle des piétons ;
  • Un indice de marchabilité enrichi par la biomécanique et la perception.

Ces résultats, testés avec Nantes Métropole, contribueront à concevoir des espaces publics plus agréables, accessibles et durables, tout en encourageant l’activité physique au quotidien.

Portrait de Myriam Servières, porteuse du projet CITY-STEP

Myriam Servières est professeure à Centrale Nantes, au sein de l’équipe CRENAU de l'UMR « Ambiances Architectures Urbanités ».

Ingénieure diplômée de Centrale Nantes en 2002, elle a obtenu son doctorat en informatique à l’Université de Nantes en 2005. Recrutée comme maîtresse de conférences à Centrale Nantes en 2006, elle y est professeure depuis 2021.

Ses recherches relèvent de l’informatique urbaine et portent sur la perception de l’espace urbain du point de vue du piéton ainsi que sur le suivi du piéton sur site. Elle étudie les liens que cette perspective permet d’établir entre le monde réel et un double numérique de la ville, à travers des travaux sur la modélisation urbaine, les données spatiales, le positionnement intelligent et la médiation numérique de l’espace.

Elle est éditrice du journal IEEE Journal on Indoor and Seamless Positioning and Navigation (J-ISPIN) depuis 2025 et est co-chair du Working Group Extended Reality and Visual Analytics (WG IV/5) de l’International Society for Photogrammetry and Remote Sensing depuis 2025.

Elle co-anime l’action de recherche « Au-delà de la 3D » du réseau Magis, dont elle est également membre du bureau. Elle a aussi co-animé l’axe « Tomographie urbaine » de l'Institut de Recherche en Sciences et Techniques de la Ville (IRSTV) de 2012 à 2025


Publié le 15 janvier 2026 Mis à jour le 16 janvier 2026