2026 - 2029
Nos déplacements à pied ne dépendent pas uniquement de notre volonté : ils sont profondément façonnés par la ville elle-même. Largeur des trottoirs, arbres, bruit, pente ou aménagements : autant de paramètres qui modifient inconsciemment notre manière de marcher. Le projet CITY-STEP, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) pour une durée de 48 mois, s’attache à comprendre ce lien encore méconnu entre morphologie urbaine et dynamique de la marche, à l’échelle du pas.
Mené par Centrale Nantes (laboratoire AAU-CRENAU), l’Université Gustave Eiffel (laboratoire GEOLOC) et Nantes Métropole, le projet associe ingénieurs, urbanistes et spécialistes du mouvement humain.
CITY-STEP cherche à révéler comment les caractéristiques physiques de la ville — disposition des rues, textures, obstacles, ambiance lumineuse ou sonore — influencent la démarche, la vitesse et la posture des piétons. L’objectif est double : mieux comprendre les interactions entre corps et espace urbain, et proposer des indicateurs de marchabilité utiles à la conception de villes plus inclusives et durables. Le projet s’appuie notamment sur un échantillon varié de participants, incluant des personnes âgées ou déficientes visuelles.
Les équipes de recherche développent un dispositif portable inédit, combinant capteurs inertiels, caméras et suivi oculaire, capable d’enregistrer la marche en conditions réelles sans perturber le mouvement naturel. Ces données sont croisées avec des informations environnementales issues de la cartographie 3D, de la géolocalisation et d’observations sur le terrain. L’analyse par intelligence artificielle permettra de modéliser la marche à différentes échelles — du pas au quartier — pour comprendre la réponse du corps à l’espace urbain.
CITY-STEP aborde pour la première fois la marche à l’échelle du pas, en associant mesures biomécaniques, perception et morphologie urbaine. Là où les études précédentes se limitaient aux grands indicateurs (densité, accessibilité), CITY-STEP propose une approche fine et sensorielle du déplacement. Cette recherche ouvre de nouvelles perspectives pour le design des villes marchables, la mobilité bas carbone et l’inclusion des publics vulnérables.
Le projet aboutira à :
Ces résultats, testés avec Nantes Métropole, contribueront à concevoir des espaces publics plus agréables, accessibles et durables, tout en encourageant l’activité physique au quotidien.
Myriam Servières est professeure à Centrale Nantes, au sein de l’équipe CRENAU de l'UMR « Ambiances Architectures Urbanités ».
Ingénieure diplômée de Centrale Nantes en 2002, elle a obtenu son doctorat en informatique à l’Université de Nantes en 2005. Recrutée comme maîtresse de conférences à Centrale Nantes en 2006, elle y est professeure depuis 2021.
Ses recherches relèvent de l’informatique urbaine et portent sur la perception de l’espace urbain du point de vue du piéton ainsi que sur le suivi du piéton sur site. Elle étudie les liens que cette perspective permet d’établir entre le monde réel et un double numérique de la ville, à travers des travaux sur la modélisation urbaine, les données spatiales, le positionnement intelligent et la médiation numérique de l’espace.
Elle est éditrice du journal IEEE Journal on Indoor and Seamless Positioning and Navigation (J-ISPIN) depuis 2025 et est co-chair du Working Group Extended Reality and Visual Analytics (WG IV/5) de l’International Society for Photogrammetry and Remote Sensing depuis 2025.
Elle co-anime l’action de recherche « Au-delà de la 3D » du réseau Magis, dont elle est également membre du bureau. Elle a aussi co-animé l’axe « Tomographie urbaine » de l'Institut de Recherche en Sciences et Techniques de la Ville (IRSTV) de 2012 à 2025